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Rapport racisme, antisémitisme et xénophobie 2013 : banalisation de la parole raciste et poursuite de la montée de l’intolérance

Rapport racisme, antisémitisme et xénophobie 2013 : banalisation de la parole raciste et poursuite de la montée de l’intolérance
Date de publication : 12/06/14
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Racisme

Rapport racisme, antisémitisme et xénophobie 2013 : banalisation de la parole raciste et poursuite de la montée de l’intolérance

Paris, le 1er avril 2014 – Aux termes de la loi du 13 juillet 1990, la Commission nationale consultative des droits de l’homme a remis aujourd’hui au Gouvernement son rapport annuel relatif à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie – Année 2013.

Si la situation du racisme en France s’est largement améliorée au regard des décennies précédentes et si l’arsenal législatif s’est nettement renforcé, il y a toutefois lieu de constater la persistance des préjugés racistes et une montée préoccupante de l’intolérance au cours des quatre dernières années.

La période actuelle de crise économique cumule tous les facteurs défavorables à la tolérance. L’« indice longitudinal de tolérance » élaboré par les chercheurs montre une régression. Non seulement la tolérance en France a reculé, pour la quatrième année consécutive, avec une baisse de 3,3 points entre 2012 et 2013, mais encore ce recul s’étend à des groupes sociopolitiques qui jusqu’ici résistaient à la « tentation xénophobe ». L’indice concernant les Maghrébins et les musulmans continue de se dégrader, ces deux groupes restant d’ailleurs, avec les Roms, les moins bien tolérés. Et, pour la première fois, on assiste entre 2012 et 2013 à une baisse de la tolérance concernant les noirs et les Juifs.

Nouveaux avatars du racisme, l’Arabo-musulman et le Rom sont les cibles privilégiées de cette recrudescence de l’intolérance. Les études d’opinion traduisent également l’émergence d’un phénomène d’islamophobie et l’expression de plus en plus ostentatoire et banalisée des préjugés à l’égard des Roms, tandis que les statistiques du ministère de l’Intérieur enregistrent, cette année encore, une hausse des actes antimusulmans.

Les expressions racistes se banalisent sur un fond de cyber-anonymat, de culture de la parole-choc, de débat sur les contours de l’humour, voire de défiance à l’endroit d’un discours antiraciste perçu comme censeur. Cette banalisation est partagée par toutes les catégories – citoyens, journalistes, élus – et inquiète jusque dans les instances internationales, questionnant l’image que la France donne d’elle-même à l’étranger.

Si la CNCDH se félicite des contributions, nombreuses, des acteurs institutionnels autant qu’associatifs à l’édition 2013 de son rapport, elle note cependant qu’un long chemin reste encore à parcourir. Face à un phénomène qui touche au cœur même du pacte républicain, la volonté politique doit s’affirmer sans faille et s’accompagner de mesures concrètes et effectives.

Au fil de ses recommandations, la CNCDH met l’accent sur l’éducation, seule à même d’outiller les citoyens en devenir face aux raisonnements simplistes. L’éducation et la formation, véritables pierres angulaires du combat contre le racisme, doivent cibler largement les professionnels mais aussi les enfants dès l'école maternelle.


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