Vous êtes ici

Hommage de Christine Lazerges à Marc Leyenberger

Date de publication : 26/09/14
Thème associé :
Information CNCDH

 

Hommage à Marc Leyenberger

 

Assemblée plénière du 25 septembre 2014

 

 

 

C’est avec une immense émotion que nous avons appris la mort brutale de Marc Leyenberger, membre de notre assemblée depuis 2002, de cette CNCDH dont Robert Badinter dit qu’elle est une « compagnie de vigilants ». Marc était un « vigilant » passionné par la lutte contre toutes les formes de discrimination.

 

Depuis près de 13 ans, notre ami, notre collègue, avocat donc défenseur du droit et des droits, consacrait beaucoup de temps et d’énergie à la CNCDH pour la défense des libertés et des droits fondamentaux. Il fut président de la sous-commission chargée du racisme, des discriminations et des personnes vulnérables pendant dix ans, œuvrant année après année avec sa sous-commission et avec l’équipe de la CNCDH pour que notre rapport sur le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme soit aussi juste et complet que possible, afin qu’il soit un outil pour tous ceux qui combattent le rejet de l’autre différent, la haine de l’autre et se battent pour que vivre ensemble dans la liberté, l’égalité et la fraternité soit une ambition enfin partagée.

 

Son implication, son efficacité, sa disponibilité, son sens de l’engagement, sa gentillesse forçaient l’admiration et l’amitié.

 

Marc Leyenberger était né en 1945, il avait fait ses études à la faculté de droit et à l’IEP de Strasbourg, nous avons partagé les mêmes bancs à la faculté presque les mêmes années et nous avons même habité la même rue portant le nom de deux grands juristes « Aubry et Rau ». Nous en souriions.

 

Marc Leyenberger n’était pas qu’un juriste, il était un militant, il savait ce qu’ « engagement » veut dire, il vivait ses engagements.

 

Ses engagements auprès des ONGs et OINGs ont été aussi nombreux que divers :

A 23 ans, Marc Leyenberger était déjà responsable des Chantiers de Jeunes pour lépreux en Iran (fondation Farah Diba) (1968-1970).

Puis il fut Président de la Jeune Chambre Economique (de 1982 à 1985), Président du Rotary International (à Saverne, de 1986 à 1987), Président de l’Association des Œuvres des Chevaliers de St Lazare (depuis 1992) , Délégué permanent de Caritas Internationalis auprès du Conseil de l'Europe (depuis 1992 ).

 

Marc Leyenberger était également un européen convaincu :

Ancien 1er vice-président de la Commission des ONG ayant statut participatif auprès du Conseil de l'Europe, il était également Délégué de la Conférence des organisations internationales non gouvernementales (OING) au Comité directeur pour les droits de l’homme (CDDH) du Conseil de l’Europe, et Ancien président de la Commission "Dialogue Nord-Sud" (OING du Conseil de l'Europe).

 

Depuis 2005, il était membre au titre de la France de la Commission Européenne contre le Racisme et l'Intolérance du Conseil de l'Europe (ECRI).

Depuis 2012, il avait été élu Vice-président de ECRI et présidait le groupe de travail contre "Le discours de haine".

 

Nous garderons de Marc Leyenberger le souvenir d’un homme d’engagement auprès des plus faibles, d’un homme de conviction. Il portait une véritable attention à son prochain, il avait le souci d’autrui.

 

Marc Leyenberger était un homme chaleureux, plein d’humour. Il était plein d’attention, comme ce geste simple d’offrir chaque année pour Noël des biscuits de Noël alsaciens au secrétariat général de la CNCDH.

 

Témoigne de l’amitié et de l’affection portée à Marc, au-delà de l’amour des siens, la présence à ses obsèques d’énormément de personnes, venues d’horizon très divers.

C’est à Saverne, la ville dont était originaire Marc Leyenberger, et dont son fils est maire, que ses obsèques ont eu lieu. Lors de la cérémonie religieuse, la CNCDH était représentée par M. Jean-François Collange, Mme Bernadette Hettier (Mrap) et Cécile Riou qui a préparé pendant des années le rapport sur le racisme avec Marc Leyenberger.

 

Ses obsèques ont été le reflet de cette joie de vivre saisissante chez Marc Leyenberger et de sa foi profonde. Cécile Riou s’est fait l’écho auprès de nous de ce que la cérémonie n’avait pas été triste. Malgré le choc causé par la brutalité de son décès, ses enfants, ses amis ont voulu faire de cette cérémonie le reflet de sa vie, une vie d’engagements, une vie de foi, une vie joyeuse et heureuse, malgré les épreuves rencontrées.

 

Marc avait écrit, il y a plusieurs années, un texte dans lequel on retrouve l’essence de ce qu’il était et de la manière dont il appréhendait la vie, et la mort :

 

« Je n’ai jamais voulu vivre pour vivre, j’ai été donné à la vie pour que vivent les autres, l’Autre sans qui la vie ne valait pas la peine d’être vécue. […] Ma mort n'arrêtera pas la vie. Alors vous qui m'aimez, ne pleurez pas la mort mais chantez la vie. »

J’ai souhaité que ce soit Marc Leyenberger, lui-même, par ces mots , qui clôture l’hommage que nous lui rendons.

« Alors vous qui m’aimez , ne pleurez pas la mort mais chantez la vie ».

 

Nous ferons une minute de silence.