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Hommage à Louis Joinet

Date de publication : 30/09/19
Thème associé :
Avis de décès
La CNCDH se joint à l'hommage rendu

 

Au jour où hommage est rendu à Louis JOINET, la Commission nationale consultative des droits de l’homme veut joindre sa voix à celles, très nombreuses et diverses, qui ont salué la mémoire d’une personnalité qui a été membre de la Commission durant trois mandats.

Ce qui frappe dans la vie stimulante de Louis JOINET est la grande diversité de ses engagements, mais la profonde unité qui les relie tous, centrée sur la dignité humaine. Celle-ci l’inspire dans ses débuts professionnels comme éducateur de rue dans un centre de Paris qui était loin de ressembler à ce qu’il est aujourd’hui. Elle lui dicte son choix de se diriger, à la force du poignet, vers ce qui n’est pas encore l’Ecole nationale de la magistrature, d’où il sort brillamment. Elle lui suggère d’ouvrir le métier de juge à des réflexions totalement inédites sur sa raison d’être et les effets de son exercice, via cette création originale – et courageuse à l’époque – du Syndicat de la magistrature. Elle lui suggère les conseils qu’il donne au prince, c’est-à-dire aux Premiers ministres de la gauche qui occupent Matignon dans les années quatre-vingts. Elle lui commande enfin de s’ouvrir à l’international, et d’œuvrer de manière multiple à la défense des droits de l’homme dans les instances des Nations Unies et d’autres : il a joué un rôle essentiel dans l’adoption de la Convention sur les disparitions forcées et dans les multiples canaux qui irriguent la connaissance de la violation des droits de l’homme dans notre monde.

Mais si ces engagements ont été multiformes et toujours productifs, tout aussi remarquable est le fait que jamais Louis JOINET ne s’est trompé de combat. Il a épousé beaucoup de causes. Toutes étaient fondées. On peut faire grief à de grandes vies d’engagements de s’être parfois trompées (de bonne foi). Les choix de Louis JOINET, guidé par une profonde conscience morale alliée à un sens aigu des réalités, ont toujours été les bons. Il les a déterminés avec sa grande simplicité, une grande connaissance des hommes et des choses et sa profonde humanité.

A ses enfants et beaux-enfants, la Commission souhaite dire qu’elle partage leur peine. Elle fait aussi le vœu que des hommes et des femmes de cette trempe relaient les messages qu’il a si bien incarnés.