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Déclaration de Magali Lafourcade, Secrétaire générale, devant l’Assemblée générale de GANHRI, à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes

Date de publication: 
Mercredi 8 Mars, 2017

Statement by Magali Lafourcade, Secretary General of the French NHRI (CNCDH), to the General Assembly of the Global Alliance of National Human Rights Institutions, on the occasion of International Women's Rights Day - 8 March 2017 - Palais des Nations, Geneva

All of us, as National Human Rights Institutions, are committed to promoting the Human Rights-based approach. And that is our mission. We use this approach in our mandate to advise the public authorities of our countries, in our mandate to monitor the effectiveness of our countries' international Human Rights commitments, in our mandate to monitor compliance with the recommendations of the United Nations bodies, and again in our public awareness activities.

But the way we approach it is not always sufficient to improve the full and equal enjoyment of rights for women. I would like to share with you two convictions.

The Human Rights-based approach should always be articulated with an in-depth analysis of the gender dimension of the Human Rights violations under consideration.

We deal with many various subjects. We cover all generations of Human Rights. And that is our strength. But I am convinced that, as National Human Rights Institutions, we must analyze the particular vulnerability for girls and women in every kind of matter into consideration. Thus, when we approach the difficult question of unaccompanied foreign minors, we must ask ourselves about the particular experience of foreign unaccompanied girls. When we work on the conditions of detention in the over-sea territories, we must try to understand the specificities of the problems encountered by detained women. When dealing with freedom of expression, with the right to education, the access to health, to justice and, more broadly, to public services, we must focus on the gender dimension of Human Rights violations. It is giving concrete content – and therefore a meaning - to the universal scope of Human Rights.

Studying discrimination and violations against women, analyzing gender roles and gender stereotypes are part of our common mission. But this is not enough. We need to systematically focus on the gender dimension of all the issues related to Human Rights we are addressing.

In the world, currently, the universality of Human Rights is increasingly being challenged. The application of Human Rights standards to all women and girls should never be taken for granted.

That is why I would like to share with you a second conviction. We have a special role in encouraging States, and beyond regional protection systems and the United Nations system, to better understand the question of intersectionality, the question of multidimensional discriminations. And the Human rights-based approach is still a key to address this issue. Based on the experience of the beneficiaries of the rights enshrined in International Human Rights conventions, National Human Rights Institutions can measure the extent to which being at the intersectionality of several dominant-dominated scales generate huge discriminations and amplify each of them. Our role is to formulate concrete recommendations so that the experience of these victims can be understood and that the legislation of our states, as well as the practices implemented, can become as ambitious as possible to effectively combat all discriminations against women, even the successive, repetitive, or intersectional discriminations.

Our mission as National Human Rights Institutions becomes all the more meaningful as the challenges are great. Of course meeting this particular challenge is our responsibility. At that point, I am willing to share with you a very last conviction: combatting women's rights violations is a very efficient way, in cascade and in turn, of fostering the concrete realization of the entire corpus of Human Rights for all Human beings. We all acknowledge that Human Rights are indivisible and interdependent, but people as well.

 

Déclaration de Magali Lafourcade, Secrétaire générale de la CNCDH, devant l’Assemblée générale de la Global Alliance of National Human Rights Institutions, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes – 8 mars 2017 – Palais des Nations, Genève

Chacun d’entre nous, Institutions nationales des droits de l’Homme, avons à cœur de promouvoir l’approche fondée sur les droits humains. Et c’est notre mission. Nous déclinons cette approche dans notre mandat de conseil aux pouvoirs publics de nos pays, dans notre mandat de contrôle de l’effectivité des engagements internationaux de nos pays, dans notre mandat de monitoring du respect des recommandations formulées par les organes des Nations unies, enfin dans nos activités de sensibilisation du grand public.

Mais la façon dont nous l’abordons n’est pas toujours suffisante pour faire progresser la pleine et égale jouissance des droits pour les femmes. Je voudrais, à cet égard, partager avec vous deux convictions.

Pour porter davantage, l’approche fondée sur les droits de l’Homme devrait toujours s’articuler avec une analyse approfondie de la dimension sexospécifique des violations étudiées.

Nous traitons quantités de sujets. Nous couvrons toutes les générations des droits humains. Et c’est notre force.  Mais je suis convaincue que sur chaque sujet traité, nous, en notre qualité d’Institution nationale des droits de l’Homme, nous devons analyser si le sujet traité est porteur d’une vulnérabilité particulière pour les filles et les femmes. Ainsi, quand nous abordons la difficile question des mineurs isolés étrangers, nous devons nous interroger sur le vécu particulier des filles isolées étrangères. Quand nous travaillons sur les conditions de détention dans les territoires ultra-marins, nous devons nous attacher à comprendre les spécificités des problématiques rencontrées par les femmes détenues. Quand nous traitons de la liberté d’expression, du droit à l’éducation, de l’accès à la santé, à la justice, et plus largement aux services publics, nous devons nous attarder sur la dimension sexopécifique des violations des droits de l’Homme. C’est donner un contenu de concret – sinon un sens- à la portée universelle des droits humains.

Etudier les discriminations et violations faites aux femmes, analyser les rôles sociaux et stéréotypes de genre relèvent de notre mission commune. Mais cela ne suffit pas. Il faut porter de façon systématique un regard sur la dimension sexospécifique de toutes les thématiques des droits humains que nous abordons.

Dans le monde, l’universalité des droits humains se trouve de plus en plus contestée. L’application des standards des droits de l’Homme aux femmes et aux filles ne doit jamais être prise pour acquise.

C’est pourquoi je voudrais partager avec vous une seconde conviction, celle de notre rôle particulier pour inciter les Etats, et au-delà les systèmes régionaux de protection et le système des Nations unies, à mieux appréhender la question de l’intersectionnalité, celle des discriminations pluridimentionnelles. Et l’approche fondée sur les droits humains constitue encore une clé pour aborder cette question. En partant du vécu des bénéficiaire des droits garantis par les conventions internationales des droits de l’homme, les Institutions nationales peuvent mesurer à quel point le fait pour un individu de se trouver à l’intersectionnalité de plusieurs échelles dominants-dominés ne fait pas qu’agréger, de façon arithmétique, les discriminations, mais les multiplient, les amplifient. Notre rôle est alors de formuler des recommandations concrètes pour que le vécu de ces victimes soit compris et pour que les législations de nos Etats, comme les pratiques mises en œuvre soient les plus ambitieuses possibles pour lutter efficacement contre toutes les discriminations faites aux femmes, qu’elles soient successives, répétitives, ou intersectionnelles.

Notre mission en tant qu’Institutions nationales de promotion et de protection des droits de l’Homme prend d’autant plus de sens que les défis à relever sont grands. Bien sûr relever ce défi est de notre  responsabilité. Je vais vous livrer une toute dernière conviction : faire reculer les violations des droits des femmes est une façon très efficiente, en cascade et par ricochet, de favoriser la concrétisation de l’ensemble du corpus des droits humains pour tous. Il n’y a pas que les droits humains qui sont indivisibles et interdépendants, les personnes le sont également.