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Diplomatie, politique étrangère

L’analyse de l’action diplomatique de la France à travers le prisme des droits de l’homme est au cœur des travaux de la CNCDH dans le domaine international. Ainsi, la CNCDH commente parfois les positions diplomatiques adoptées, en essayant de les infléchir lorsqu’elle le juge utile. Elle est en retour consultée sur des projets de stratégies dans différents domaines de la politique étrangère.

Les travaux de la CNCDH sur la diplomatie et les droits de l’homme (2008) sont le fruit d’une réflexion de longue haleine portant sur la prise en compte des droits de l’homme dans la diplomatie française. Ces travaux fournissent aujourd’hui un cadre d’analyse utile et pertinent pour l’examen de la politique étrangère de la France.

Au-delà d’un suivi à long terme de la mise en œuvre de ses recommandations, la CNCDH examine régulièrement le positionnement de la diplomatie française face aux évolutions politiques que peuvent connaitre certains Etats. Elle procède dans ce cadre à des échanges approfondis avec les ministères des Affaires étrangères et européennes et de la Défense.

La CNCDH s’adresse aussi fréquemment au ministre des Affaires étrangères pour qu’il apporte son soutien à l’action de défenseurs des droits de l’homme en situation de danger et qu’il évoque leur cas avec les autorités du pays en question ou dans les enceintes multilatérales adéquates.


Diplomatie et droits de l'homme

Les objectifs de la diplomatie ne peuvent se limiter aux droits de l'homme, mais les droits de l'homme en constituent un élément fondamental. La CNCDH a entrepris sur cette question une réflexion approfondie, qui se poursuit.

La CNCDH a réalisé une étude qui, au terme d’une approche pragmatique, focalisée sur les objectifs, les moyens, les méthodes et les outils à renforcer ou à développer, formule des recommandations pour que les droits de l’homme, au-delà des engagements solennels de la France, deviennent un objectif opérationnel de la diplomatie, orienté vers des résultats.

L’étude est accompagnée d’un avis qui comprend un ensemble de recommandations, autour de huit axes devant guider l’action diplomatique de la France : l’impératif de cohérence, l’intégration des droits de l’homme, la place de la société civile et le soutien aux victimes, le renforcement des vecteurs d’influence, l’impératif d’expertise en matière de droits de l’homme, la définition d’une stratégie française des droits de l’homme, un rapport annuel sur la politique étrangère française et les droits de l’homme et la création d’un institut français des droits de l’homme. La prise en compte de ces axes dans les actions et les positions du ministère des Affaires étrangères est régulièrement réévaluée.


Situation spécifique

Les réflexions juridiques et conceptuelles de la CNCDH sur le droit international humanitaire et l’action humanitaire se nourrissent des informations émanant des acteurs de terrain présents sur les théâtres de crise. Des situations alarmantes, parfois non médiatisées interpellent régulièrement la CNCDH qui tente d’identifier les difficultés et de faire dialoguer les acteurs français impliqués sur le terrain.

La CNCDH met régulièrement à l’ordre du jour de ses travaux des situations de crise afin de recenser les difficultés rencontrées sur le terrain par les organisations humanitaires, de les faire connaître aux ministères concernés et d’avoir connaissance de l’action menée par la France dans ces pays ou régions. Si ces discussions sont toujours accompagnées d’un échange approfondi d’informations, elles ne donnent pas systématiquement lieu à l’expression d’une position officielle de la CNCDH.

En 2016-2017, les situations en Birmanie, au Myanmar, dans le bassin du lac Tchad, au Soudan, au Mali, en Irak, en Syrie et au Yémen ont interpellé la CNCDH.