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Roms

Les populations du voyage et les Roms migrants souffrent aujourd’hui en France d’une stigmatisation et de discriminations intolérables. Les discriminations en raison de l’origine, de l’habitat ou du mode de vie, limitent l’accès aux droits de ces personnes et renforcent la marginalisation dont elles sont victimes. Ces discriminations, les confusions et les amalgames entretenus à l’égard de ces populations – qui sont souvent perçues dans l’imaginaire collectif comme délinquantes – doivent être combattus par des mesures concrètes d’accès aux droits et par une volonté politique réelle et affirmée de lutter contre les stéréotypes et les discriminations.

La CNCDH retient les deux termes de « gens du voyage » et de Roms, pour distinguer clairement les problématiques relatives aux personnes de nationalité française d'une part, auxquelles renvoie la catégorie administrative de « gens du voyage », apparue au début des années 1970, et celles relatives aux migrants d'autre part, ressortissants de l'Union européenne pour leur grande majorité. Elle attitre cependant l’attention sur la confusion générale prévalant dans l’emploi de termes servant à désigner de nombreuses catégories de personnes et une grande diversité de situations.

En effet, le terme Roms a été officiellement adopté par l'Union européenne et le Conseil de l'Europe pour désigner, de manière générique, « diverses populations qui présentent plus ou moins les mêmes caractéristiques, telles que les Sinti (Manouches), Gens du voyage, Kalé, etc. ». Le terme de Roms, ou de « gens du voyage » dans le contexte français, renvoie en réalité assez simplement à « un ensemble de petits groupes de traditions, de religions et d'histoires souvent différentes qui s'auto désignent Rom, Gitans, Manouches ou Yéniches » et qui ont pu être regroupés sous l'appellation de « groupes tsiganes ».

La CNCDH, bien qu'elle reprenne dans ses travaux, pour des facilités de compréhension, une terminologie usitée, en reconnaît les limites. Au-delà du caractère impropre de l'expression « gens du voyage », la référence aux Roms comporte un risque de catégorisation de ces populations, qu'au motif légitime de lutter contre les discriminations dont elles sont victimes, on risque de catégoriser et d'assigner dans des identités prédéterminées.

Les Roms, ou Roms migrants, vivant en France viennent essentiellement des pays d’Europe centrale et orientale (Roumanie, Bulgarie, pays de l’ex-Yougoslavie). Ces populations fuient les discriminations et les difficultés économiques dont elles souffrent dans leur pays d’origine. Les observations des associations conduisent à estimer que leur nombre est stable depuis plusieurs années, de l’ordre de 15 à 20.000 personnes sur l’ensemble du territoire. La grande majorité d’entre eux vient de Roumanie (probablement plus de 90%), de petits groupes viennent de Bulgarie et quelques familles sont issues des pays de l’ex-Yougolasvie.

La situation des Roms roumains et bulgares en France est très préoccupante et on constate de nombreuses entraves dans l’accès au droit commun (droit de séjour, liberté de circulation, scolarisation, santé, protection sociale), de même que des difficultés pour accéder à un emploi salarié.

Placées en situation de grande précarité, les populations Roms sont contraintes à vivre dans des bidonvilles ou des squats insalubres, sans accès à l’eau ou à l’électricité. Ces installations, qualifiées de campements illicites par les pouvoirs publics, constituent des occupations par défaut, conséquence du manque d’hébergements et de logements accessibles aux personnes à très faible revenu et aux blocages administratifs à l’entrée dans les hébergements sociaux. Aux conditions de vie précaires et insalubres viennent s’ajouter les reconduites à la frontière et les évacuations répétées des lieux de vie. Ces dernières aggravent la pauvreté des familles, perturbent la scolarisation des enfants, l’accès aux soins et anéantissent toute chance d’intégration et d’insertion sociale.

La CNCDH rappelle que si l’on veut mettre un terme aux conditions de vie inacceptables des populations Roms en France, il faut élaborer et mettre en œuvre une véritable stratégie d’inclusion des Roms, comme le demande la Commission européenne. Plus généralement, les discriminations, les confusions et les amalgames entretenus à l’égard des populations Roms doivent être combattus par des mesures concrètes d’accès aux droits et par une volonté politique réelle et affirmée de lutter contre les stéréotypes et les discriminations.