Vous êtes ici

Avis portant sur la relance de la politique d'intégration

AVIS avis
Date d'adoption : 17/02/97
Télécharger le documentTélécharger le pdf (142Ko)
Thème associé :
Etrangers

Avis portant sur la relance de la politique d'intégration

Saisie du rapport intitulé "pour une relance de l'intégration", la CNCDH souligne à nouveau dans son avis que l'intégration est un processus qui doit s'inscrire dans la durée et impliquer tant les immigrés que la société d'accueil. Elle se félicite à cet égard de la réaffirmation dans le préambule du rapport qui lui est soumis, des valeurs républicaines et du refus du communautarisme.

Sur l'ensemble du rapport, la CNCDH approuve la volonté du gouvernement de réaffirmer ses responsabilités vis à vis des immigrés pour faciliter leur intégration à la société française. Elle souligne que cet engagement devra être accompagné d'un discours clair, manifestant la volonté des pouvoirs publics français de favoriser sans ambiguïté cette intégration. Elle relève cependant que ce document ne constitue qu'une liste de simples mesures spécifiques et non une véritable politique d'intégration. Le titre de ce rapport étant de nature à donner une attente disproportionnée avec la réalité des mesures qu'il contient, elle préconise de remplacer le titre par "Diverses mesures tendant à favoriser l'intégration dans la société française".

Sur les différentes mesures, la CNCDH estime :le rapport peu précis sur l'accueil systématique des familles arrivant en France par regroupement familial ; la mesure sur l'apprentissage et la maîtrise du français essentielle mais inadaptée ; la mesure sur l'accompagnement scolaire efficace que si les différents dispositifs sont cohérents et coordonnés ; et la visibilité des réussites de l'intégration dans les grands médias essentielle.

Elle souhaite que les conventions bilatérales relatives aux enseignements de langues et cultures d'origines soient renégociées ; que les orientations sur les foyers de travailleurs migrants soient améliorées ; que les notions relatives à la médiation soient précisées et que l'action primordiale des associations soit renforcée ; que la lutte contre les discriminations dans la vie quotidienne -extrêmement importante- ne soit pas intégrée au chapitre sur la médiation ; que les services publics, souvent dévalorisés aux yeux des jeunes, retrouvent tout leur prestige ; enfin, que la réduction des délais de naturalisation soit revus.

La CNCDH approuve donc la volonté gouvernementale de promouvoir des mesures visant à favoriser l'intégration, mais si l'on veut que les populations immigrées se sentent intégrées à notre société, il faut que préalablement soit établi un statut juridique qui ne soit pas contraire à cette finalité.