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La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie – Année 2009

La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie – Année 2009
Date de publication : 26/11/09
Thème associé :
Racisme

La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie – Année 2009

Alors que la dernière décennie a été le témoin d’une consécration progressive des valeurs de tolérance et de non-discrimination, traduite par une meilleure acceptation de l’ « autre » - l’étranger, l’immigré – au sein de la société française, l’année 2009 port les signes d’une tendance préoccupante, manifestée notamment à travers une augmentation importante des faits à caractère raciste, xénophobe et antisémite.

Le paradoxe est frappant : si les citoyens sont de plus en plus tolérants, le phénomène raciste semble aussi de plus en plus banalisé, entre une opinion publique réticente à l’égard d’une condamnation sévère des actes racistes et le silence des victimes elles-mêmes, dont le plus grand nombre hésite toujours à dénoncer les violences et menaces subies. La persistance d’un tel phénomène, dans un contexte de crise économique qui favorise les craintes et les incertitudes, appelle à rester vigilant. Bien plus, elle révèle l’urgence d’avoir une vision complète, objective et lucide de la situation, au regard à la fois de la réalité du racisme et des actions concrètes visant à son élimination.

C’est dans cette double démarche d’information et de sensibilisation que s’inscrit le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Le rapport 2009 révèle que, malgré des efforts constants de la part des acteurs publics, mais aussi de la société civile, le combat est loin d’être gagné. Face à une recrudescence de ces phénomènes confirmée dans les données statistiques des différents ministères, le renforcement de la réponse pénale, dont il est également fait état, est certes opportun mais reste une solution de dernier recours.

A la veille de l’adoption, en 2010, du rapport sur la France par la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) du Conseil de l’Europe et de l’examen du rapport de la France devant le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) des Nations unies, un véritable plan national d’action en matière de lutte contre le racisme fait toujours défaut. Le rapport de la CNCDH et les recommandations qui l’accompagnent mettent avant tout l’accent sur la nécessité d’une intervention dynamique en amont. Une telle entreprise n’est envisageable qu’à travers la mise en place d’une stratégie politique spécifique et concertée à l’échelle nationale, notamment en matière d’éducation et de prévention, ce qui nécessite une forte implication de l’ensemble des acteurs publics et privés opérant dans ce domaine.