Dans un avis adopté à l’unanimité ce jeudi 24 septembre, la Commission nationale consultative des droits de l'homme alerte les pouvoirs publics : face au dérèglement climatique, la France doit se doter d'une véritable politique d'adaptation pour protéger les droits fondamentaux.

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Mis à jour le 24 septembre 2026

L'été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré depuis 1900, marqué par une succession de canicules et par des incendies d'une ampleur exceptionnelle. Ces événements affectent le quotidien de la population, en France comme dans le reste du monde.

Le dérèglement climatique compromet l'ensemble des droits humains : droit à la vie, à l'eau, à l'alimentation, au logement, au travail, à l'éducation. Il fragilise aussi la continuité des services publics, les liens sociaux et l'habitabilité des territoires, avec des effets plus marqués sur les populations vulnérables. Pour la CNCDH, atténuation et adaptation sont indissociables : il faut agir sur les deux fronts à la fois.

Une nécessité reconnue en droit

Le droit international du climat impose aux États de planifier, de mettre en œuvre et de renforcer des mesures d'adaptation. Cette obligation a été confirmée par la Cour internationale de Justice. Elle est également consacrée par le droit français, le droit de l'Union européenne et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme.

Pour une loi-cadre dédiée

La CNCDH appelle à renforcer les moyens budgétaires et les outils juridiques pour répondre à l'urgence. Elle recommande l'adoption d'une loi-cadre qui articulerait atténuation, adaptation, protection des écosystèmes, justice sociale et garantie des droits humains. Cette loi devrait consacrer expressément l'adaptation au changement climatique comme une obligation positive de protection des droits humains.
La Commission demande également la création d'un fonds national pérenne dédié à l'adaptation, fondé sur les principes de solidarité, de justice climatique et d'égalité territoriale.

Une attention particulière aux publics vulnérables et aux Outre-mer

L'avis insiste sur la nécessité de mesures adaptées aux vulnérabilités spécifiques de certaines catégories de personnes : personnes âgées, enfants, personnes en situation de handicap, populations en situation de précarité, personnes détenues.
Les Outre-mer, particulièrement exposés aux effets du changement climatique, doivent être une priorité de la politique nationale d'adaptation. La CNCDH recommande la mise en place d’une stratégie territoriale coconstruite avec ses habitants.

Un appel à l'action internationale

Au plan international, la CNCDH estime que la France doit agir au nom de l'équité, en tenant compte des responsabilités historiques dans les émissions de gaz à effet de serre, des capacités économiques et des vulnérabilités propres à chaque État. 
La Commission demande en outre à la France de mieux reconnaître et protéger les personnes contraintes à l'exil en raison du changement climatique.
 

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