Adopté à l’unanimité lors de son Assemblée plénière du 2 juillet 2026, le nouvel avis de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) tire la sonnette d'alarme sur le phénomène préoccupant des espaces dits « no kids » ou « adults only ».

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Mis à jour le 7 juillet 2026

Adopté à l’unanimité lors de son Assemblée plénière du 2 juillet 2026, le nouvel avis de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) tire la sonnette d'alarme sur le phénomène préoccupant des espaces dits « no kids » ou « adults only ». De l'hôtellerie aux transports, ces offres commerciales interdisant l'accès aux enfants se multiplient, révélant une exclusion plus systémique de ces derniers de l'espace public.

Cet avis fait suite à une saisine de la Haute-Commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, qui refuse que l’on banalise ce qui est en réalité une question de société.

« La banalisation des espaces « no kids » illustre une inquiétante domination adulte, que l'on appelle l'adultisme, où l'enfant est perçu, soit comme un être en danger, soit comme un élément qui dérange » 

Jean-Marie Burguburu, président de la CNCDH 

Pour la CNCDH, cette disparition progressive des enfants de l'espace public s'explique par la convergence de plusieurs facteurs sociétaux :

  • Un espace urbain pensé avant tout pour l'automobile au détriment des piétons.
  • Une angoisse des parents par rapport  à la sécurité des enfants, conduisant à une protection parfois excessive et à la création d'« enfants d'intérieur ».
  • Une intolérance d'une partie de la population face aux enfants, de plus en plus perçus comme des sources de nuisances.

Un phénomène « no kids » aux conséquences graves et inégalitaires

Cette invisibilisation porte atteinte au respect des droits fondamentaux des enfants et à leur développement. Elle favorise la sédentarité, détériore leur santé mentale (hausse des troubles anxieux et de l'isolement) et freine considérablement l'apprentissage de leur autonomie.

La CNCDH souligne en outre que cette exclusion est socialement très inégalitaire. Elle frappe de plein fouet les enfants issus de milieux défavorisés qui dépendent des espaces publics gratuits, les jeunes racisés soumis à la stigmatisation, les filles entravées par des stéréotypes de genre, ainsi que les enfants en situation de handicap pour qui l'accessibilité reste un obstacle majeur.

Repenser la ville sous le prisme de l'équidignité

Alors que l'exclusion liée à l'âge  constitue une discrimination selon le droit pénal, la CNCDH dénonce une ségrégation générationnelle et enjoint les pouvoirs publics à repenser nos espaces communs.

Rappelant que l’enfant est un sujet de droit à part entière, la CNCDH invite les pouvoirs publics à réaménager les territoires en s’appuyant sur le principe d'équidignité, pour que chaque enfant puisse y jouer, s'y déplacer et y grandir librement et légitimement.

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