Face à un climat de polarisation, l'adhésion des citoyens français aux valeurs de tolérance montre une résilience remarquable. Le rapport annuel de la CNCDH dresse un bilan de l'année 2025, marqué par une hausse des actes de haine sur le terrain.

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Mis à jour le 25 juin 2026

Un indice de tolérance élevé et stable

Malgré la diffusion de discours de défiance, l'Indice longitudinal de tolérance se stabilise à 64/100, un score identique à celui de 2024 et proche de son record historique. Cette dynamique est portée par des facteurs structurels (élévation du niveau de diplôme, renouvellement générationnel), les jeunes générations affichant jusqu'à 25 points de tolérance en plus que leurs aînés sur certains sujets. 

Cependant, des préjugés spécifiques restent ancrés. 64 % des Français perçoivent toujours les Roms comme « un groupe à part », tandis que 59 % partagent l'idée que de nombreux immigrés viennent uniquement pour profiter de la protection sociale. Enfin, 35 % estiment encore que les personnes juives ont un rapport particulier à l'argent (un chiffre qui grimpe à 48 % chez les plus de 70 ans). 

Des infractions en hausse et un enjeu de sous-déclaration

Les services de l'État font état d'une recrudescence des actes de haine sur le terrain. Le ministère de l'Intérieur comptabilise 9 737 crimes et délits racistes ou antireligieux (+5 % par rapport à 2024), avec un bond de 11 % des atteintes physiques. De son côté, la Direction nationale du renseignement territorial (DNRT) enregistre 3 289 faits, marqués par des réalités diverses : 

  • Faits antisémites : 1 320 actes recensés (en baisse de 16 %, mais constitués à 67 % d'atteintes directes aux personnes). 
  • Faits antimusulmans : une hausse spectaculaire de +88 % (326 faits). 
  • Faits altérophobes (autres racismes) : en progression de +17 % (1 643 faits). 

Cette réalité officielle cache un immense phénomène de sous-déclaration. On estime à 1,2 million le nombre de victimes annuelles en France, mais 97 % d'entre elles ne portent pas plainte, souvent par manque de confiance dans l'institution judiciaire (qui n'a prononcé que 1 907 condamnations en 2024 pour plus de 10 000 affaires traitées). 

La fabrication du préjugé dès l'enfance

Pour son coup de projecteur 2025, la CNCDH s'inquiète de la hausse des signalements en milieu scolaire, avec 3 851 actes racistes et antisémites recensés dans les établissements du second degré. 

Le rapport rappelle que les préjugés se construisent dès le plus jeune âge, sous l'influence de l'environnement social. La Commission pointe notamment le manque de mixité dans la littérature jeunesse, l'uniformité des représentations dans les jouets, la viralité des algorithmes sur les réseaux sociaux et l'exposition précoce à des contenus dégradants en ligne. 

Des pouvoirs publics moins engagés 

Face à l'insuffisance des résultats des plans nationaux successifs, la CNCDH souligne qu'enrayer la progression des faits racistes, antisémites et xénophobes exige désormais une volonté politique ferme, pérenne et coordonnée à tous les échelons de l'État et des collectivités publiques. 

Illustration réalisée par Julie Bernicot. 

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